Un été surprenant pour Pierre Hébert

 

La révélation 2008 du Festival Juste pour rire, l’humoriste Pierre Hébert, est déjà promu à une belle carrière dans le milieu humoristique québécois. Il est le seul à avoir accompli l’exploit de se mériter trois standing ovations dans un seul et même gala, animé par Patrick Groulx et Mike Ward, en juillet dernier à Montréal.

Cet exploit est dû à son grand talent, bien entendu, mais aussi par sa personnification d’un bénévole du Festival directement inspiré de Renaud – le personne d’Annie est ses hommes, diffusé à TVA – qui vit avec une déficience intellectuelle. Ce cher Renaud est venu « déranger » les animateurs à quelques reprises, ce qui a soulevé la foule du Théâtre St-Denis et déclenché l’hystérie générale.

« On a écrit le numéro, Patrick (Groulx) et moi, et on savait que ça marcherait, que ça irait bien, mais jamais aussi fort. La première fois qu’on l’a fait, en sortant, le public se levait pour un standing. En coulisse, on s’est pris dans nos bras parce qu’on était super content de voir à quel point ça marchait. Ensuite, il y a eu le numéro où je vais les déranger. Ils ne le savaient pas, mais s’en doutaient. C’est durant ce numéro qu’il y a eu trois standings. C’était devenu hors de contrôle. On ne savait plus ce qui se passait, c’était irréel. » 

Pierre Hébert est donc devenu le Renaud de l'humour. Est-ce qu'il craint d’être étiqueté à ce sympathique personnage ? « Non, pas du tout. Renaud devient ma carte de visite. Ensuite, c’est mon travail de faire en sorte que les gens s’intéressent aux autres choses que fait Pierre Hébert. »

La dernière édition du Festival JPR fut fort occupée pour Pierre. En plus des galas avec Patrick Groulx et Mike Ward, il fut invité à prendre part au Gala Best of. « C’est le gala qui réunit les meilleurs. Au début, j’étais content, mais je ne réalisais pas l’ampleur. Je me disais que ça serait cool, qu’il allait y avoir du monde. Mais, lorsque j’ai vu le pacing, la journée-même, c’est là que j’ai un peu capoté. Il y avait Marc Labrèche, Stéphane Rousseau, Jean-Marc Parent, Mike Ward, Patrick Groulx, Guy Nantel, et il n’y avait personne d’autre de la relève. C’est là que j’ai commencé à avoir le shake. Ce fut vraiment le fun, et c’est le seul souvenir que j’ai gardé du Festival : le pacing. »

Le travail du jeune humoriste fut récompensé lors de la remise des prix 2008, puisqu’en effet, il fut consacré Révélation de l'année. « C’est une belle surprise. Je ne m’y attendais pas. Des gens me disaient : « Pierre, pense révélation ». Déjà que d’être nominé, j’étais content. Ce fut l’aboutissement d’un conte de fées : pour avoir fait le gala, que ça ait marché aussi fort, d’avoir été invité au Best of, d’avoir été nominé et de gagner… J’étais vraiment content. Je suis content de l’avoir, mais il faut continuer à travailler fort pour montrer autre chose. »

Pierre a aussi pris part à L'Off Festival, au Théâtre Télus, en montant seul sur scène pour livrer 1h30 de son matériel. Une expérience qui lui a donné le goût de poursuivre le travail qui le mènera éventuellement vers un one-man-show. « J’ai commencé à travailler là-dessus avec François Avard et Pascal Mailloux, mais le but, ce n’est pas de sortir le show l’année prochaine. On aimerait le sortir d’ici 2-3 ans, quand il sera prêt, qu’on sera fier du résultat. Présentement, le but est de trouver des endroits pour animer, jouer pour écrire, et ensuite le roder, pour qu’il soit le meilleur possible, jusqu’à ce qu’on se dise que là, on a le show en main ! »

Pierre Hébert, un nom à retenir !

Par Karine Léveillé